Christophe Dugarry, consultant de Canal +, également ancien joueur de Bordeaux et de Marseille, né et formé à Bordeaux, donne son analyse pour Sud Ouest sur la fin de saison et sur le sprint final qui oppose Bordeaux et Marseille pour le titre de champion de France.
Bordeaux reçoit deux fois de suite. Les stats prouvent qu’il est très difficile de faire le plein…
Mais c’était aussi très compliqué de remporter sept matches d’affilée. Dans le football, il n’y a pas de vérité. Nous, consultants, donnons notre opinion parce que nous sommes payés pour donner notre avis, dire ce que l’on ressent. Mais cela nous apprend qu’il faut garder beaucoup d’humilité par rapport aux événements. Moi, j’ai juste une intuition qui me fait dire que Bordeaux va passer devant.
Vraiment ?
Il y a le calendrier, ensuite le départ de Gérets. Même si cela n’a pas une importance particulière, cela peut amener un peu de déconcentration. J’ai l’impression que les Bordelais vivent bien ensemble et, à un moment, cela va faire la différence. Aller gagner, comme ils l’ont fait à Rennes, à dix contre onze, c’est un signe fort. Il y a aussi le match de Grenoble, celui de Monaco où ils perdent 3-0 avant de l’emporter 4-3. Je ne saurais pas dire pourquoi mais il y a des petits signes, comme le fait qu’ils ont été champions il y a dix ans, qui me font dire Bordeaux. Mais après, dire où ça va se jouer, comment ça va se jouer, je n’en ai absolument aucune idée.
Le principal danger qui guette Bordeaux ne serait-il pas un excès de confiance ?
À mon avis, non, car il n’y a pas de raison qu’ils puissent nourrir un excès de confiance ou se croire les meilleurs. Ce fut peut-être le cas en février mais le championnat était encore long. Là, il reste quatre matches, il faut prendre douze points, au minimum dix. Il n’y a pas d’excès de confiance à avoir. S’ils ne prennent pas ces points, ils ne seront pas champions. Point à la ligne. Il n’y a pas à se dire « on est les cadors », les matches, il faut les gagner.
Entre Bordeaux et Marseille, qui possède les plus belles valeurs individuelles ?
C’est devenu compliqué parce qu’aujourd’hui, certains Bordelais sont devenus exceptionnels. À ceux déjà cités, il faut ajouter un Gourcuff en pleine bourre, un Chalmé extraordinaire, un Fernando très en jambes. Bellion est très bon à chaque fois qu’il entre en jeu, de même que Jurietti, Trémoulinas aussi. J’aime bien le petit Sertic et le petit Traoré, je le trouve très intéressant à chaque fois qu’il joue. Je ne vois pas de moutons noirs dans cette équipe et je n’en vois pas non plus à Marseille. C’est pour cela que cette fin de championnat est intéressante car on a l’impression que de chaque côté, il y a des joueurs qui arrivent à plénitude. On a l’impression d’un combat de chefs.
Votre choix du coeur, c’est quoi, Bordeaux ou Marseille ?
Ah Bordeaux. Mais si ce n’est pas le cas, j’aimerais que cela soit Marseille, ma deuxième équipe préférée. Mais je vois Bordeaux, c’est mon club, avec Laurent Blanc, Jean-Louis Triaud, pour tout ce que j’ai vécu ici, même si j’ai passé deux années exceptionnelles à Marseille. Et puis c’est chez moi. Pour moi, ce sera toujours Bordeaux de toute façon.